publié le samedi 16 juillet 2011
La CNRA est membre de l’AMARC, elle soutient son action pour l’émergence d’un tiers secteur de la communication en Tunisie.
« La démocratisation signifie la décentralisation des médias, la diversité et le choix du journal que les gens vont lire ou de la station de radio qu’ils syntoniseront. » Ben Hamad Zackair, Radio Gafsa
International Media Support (IMS) et l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), en collaboration avec le Syndicat tunisien des radios libres (STRL), ont organisé cinq ateliers sur les médias communautaires dans différentes villes tunisiennes (Le Kef, Kasserine, Gafsa, Gabes et Bizerte) entre le 5 et le 10 juillet 2011.
L’objectif des ateliers était de présenter le concept des médias communautaires, en particulier celui de la radio communautaire et des centres de média communautaires et d’écouter les journalistes locaux ainsi que les acteurs de la société civile sur leur vision des possibilités de développement de la diversité médiatique dans leur région.
L’équipe de l’AMARC, d’IMS et du STRL a été chaleureusement accueillie. L’assistance importante s’est maintenue de la part des membres du milieu médiatique, des radio diffuseurs amateurs sur l’ internet ainsi que des représentants de la société civile, notamment des associations de femmes, groupes citoyens, organisations de diplômés sans emploi, groupes de prévention du SIDA, comités révolutionnaires, etc.
Grâce au bouche à oreille, la tenue de l’atelier a rapidement été publicisée et, malgré des températures très élevés à l’intérieur du pays, plusieurs personnes ont parcouru de longues distances pour participer. Entre 20 à 40 participants ont assisté à chaque atelier.
« Le centre de la Tunisie est l’une des régions oubliées du développement tunisien, mais il est au même moment au centre de la révolution. » Chedly Tlili, Radio Chambi FM, Kasserine
À Kasserine, les gens ont été privés de l’accès à toute forme de média régional soient-ils des journaux, radios ou postes de télévision pendant la dictature de Ben Ali. Ils se sentent très inspirés par l’idée de medias communautaires, notamment au niveau de la radio et de la télévision. Ceci pourrait grandement contribuer au développement de la région, basé sur la production agricole, et qui a un héritage culturel très riche.
Cette mission fut on ne peut plus opportune puisque l’Instance nationale de la réforme de l’information et de la communication (INRIC) vient tout juste de recommander 12 projets de radios locales au Premier ministre afin qu’elles se voient attribuer une licence de diffusion. Trois stations de radio communautaires (Radio Chambi FM, à Kasserine ; Radio Sawt El Manajem, à Gafsa et Radio 6, à Tunis) en font partie.
Les radios qui se sont vues recommander l’octroi de licence ont participé aux ateliers dans les différentes villes et ont exprimé le fait qu’ils ont retenu plusieurs idées sur comment gérer leurs radios. Les ateliers ont aussi constitué une occasion appréciée de réseautage entre les membres des médias et de la société civile à l’extérieur de Tunis.
« Nous devons vraiment tendre vers une collaboration directe avec les jeunes de Gafsa, qui représentent le public cible de notre radio, mais nous devons aussi nous adresser à d’autres segments de la population, notamment les femmes demeurant à Gafsa. »Fahen Boukaddous, Radio Sawt El Manajem
« Je peux facilement voir à l’intérieur notre station de radio commerciale des fenêtres s’ouvrir sur une radio communautaire produite par des associations de la société civile. » Kamel Robbana, Oxygene.FM, Birzete
Les ateliers tenus la semaine dernière seront suivis par un appui concret de la part d’IMS et de l’AMARC à quelques projets pilotes et collaborations avec des projets ainsi que de nouvelles initiatives du domaine des médias communautaires déjà existants. L’objectif est d’appuyer la décentralisation et la diversification des médias en Tunisie et de renforcer le secteur des médias communautaires.
« L’énergie et le désir de changement positif au centre de la Tunisie sont palpables. Il y a beaucoup de frustration en dehors de la capitale. Les gens ne connaissent que la censure et des médias centralisés en provenance de Tunis. "C’est comme si nous n’existions pas", de dire l’un des participants à Kasserine. Mais la frustration peut être canalisée positivement. Les médias locaux, les médias communautaires peuvent donner une voix à de larges segments de la population rurale. Comme l’a exprimé un jeune homme, "nous devons être le changement que nous voulons voir." » Lotte Grauballe, IMS
« Le développement de la radio communautaire dans de petites localités représente un potentiel intéressant dans l’atteinte de larges segments de la société qui n’ont pas accès à Internet tels les femmes et les travailleurs agricoles. Il est essentiel d’impliquer les femmes dès le début du processus de toute création de projet de média communautaire. » Bianca Miglioretto, AMARC