publié le jeudi 11 juin 2009
Animateur : Adrien DELGRANGE
Journaliste à RADIO PAYS D’HÉRAULT entre Béziers, Montpelier et Millault. A la campagne mais entendu dans des villes importante. (Ex de Radio Marjorie en Lozère) Comment couvrir un territoire et par quels moyens ? Mise en place de correspondants ? Avantages et inconvénients de bénévoles ou pas, différence avec un pigiste. Liberté d’expression. Quelles exigences ? Les partenariats avec les autres médias locaux.
Je suis seul à présenter les infos. Avoir des correspondants de presse écrite qui connaissent super bien le territoire. Echange de sons très rapides avec les correspondants. Travailler avec nos voisines. On s’échange régulièrement des sons sur le même territoires avec les radios
Autre animateur : Jean-François
Fédération Limousin-Auverge. Le CTR est à Clermont Ferrand. Nous avons les meilleurs relations avec les Auvergnats et c’est tout. Il est impossible de se réunir avec les Limousins. Des conventions de collaboration ont été mises en place dans la région Limousin. Chaque radio. Une dizaine de radios associatives : Creuse, Corrèze et Haute Vienne. De type assez divers. Des urbaines de centre ville comme la notre à Limoges. Et des radios très rurales dans de petits endroits.
Dans ces radios, il y a un journaliste, suivant la définition que l’on lui donne. Dans chaque radio, chaque journaliste fournit et met sur un serveur des sons au quotidien. Dans nos petits coins, il ne se passe pas tous les jours quelque chose. Nous avons à nous tous, dans le groupement associatif du Limousin, nous rémunérons un journaliste chargé de couvrir l’essentiel de l’information pour Limoges et il est chargé de faire au quotidien un journal qui est renouvelé. 2 à 3 versions par jour. Ce journal est sur un serveur. Les autres, ceux qui paient peuvent récupérer le journal. C’est très coopératif. Il peut faire un papier plus développé. Notre journaliste fait un journal régional et le met sur le serveur. Les autres animateurs peuvent prendre le journal PAD sans s’ennuyer. Ils peuvent le reprendre, le découper, ajouter, enlever ce qui ne les intéresse pas.
Cette formule marche très bien. Les gens de l’info dans chaque radio se sentent dépossédés.
Il faut ménager la susceptibilité, c’est très important. Je me suis battu pour que mes journalistes obtiennent la carte de presse. Il faut aussi rémunérer les gens en considération. Le journal est interactif et il y a un vrai échange.
Qui le finance ?
Le journaliste qui le fait, c’est un emploi associatif régional, emploi aidé. Financé à 50% environ par le Conseil Régional du Limousin et à 50% par chaque radio qui donne 150€ par mois environ.
Est-ce qu’au final l’information est déformée puisqu’on rajoute son grain de sel ?
Non car chacun fait ce qu’il veut
Nous, nous avions un système comparable. On a préféré faire une conférence de presse téléphonée le matin. Cette conférence de presse permet de dire sur tel ou tel son, voilà ce que tu dois savoir.
Jean-François
Notre journaliste coordonateur passe un coup de fil, prévient… S’il le juge utile.
En province c’est plus facile. En région parisienne, dans le Val d’Oise, c’est pas possible. Concurrence très forte. La seule relation que l’on a : Le Parisien Libéré Val d’Oise, la Gazette du Val d’Oise… De temps en temps, des réunions informelles, des petits déjeuners. Mais c’est pratiquement impossible pour nous. Ca se fait peu en province.
Jean-François
Je vous décrit une situation idéale. Mais des radios ont demandé des subventions pour employer des gens pour faire leur travail eux-même et ne pas participer à notre dispositif.
Adrien
D’autres expériences.
Sandrine, Dans le Tarn, est de Toulouse. Radio R D’AUTAN Nous, nous avons un journal quotidien, un magazine de la rédaction hebdo et on fait de l’investigation une fois par trimestre sur des émissions spéciale. On ne dispose pas de moyens énormes. Pas de partenariat avec la presse écrite locale. Mais on a des bénévoles actifs sur leur territoire et on les accompagne sur le prêt de l’outil, la préparation d‘une ITV, poser des questions ouvertes, comment construire un angle, une approche de l’information. C’est plus un accompagnement qu’un apprentissage. Il y a une ligne éditoriale par un journaliste qui agglomère et trouve une cohérence.
Comment on a mis en place ce réseau ? Le bouche à oreille. Des amis des connaissances, dans les discussions… Les rassemblements sont très fréquents.
Totale liberté ! On est sur du format court. Pas plus de 5 mn. Je leur demande de ne pas prendre plus de 7 mn de son parce que je n’aurai pas le temps de tout écouter.
Et les sujets traités ? Vers les sujets qui nous intéressent ! On est sur un territoire ou le bio est très important. Les sujets sur la bio sont très populaires. Il faut souvent leur dire que c’est intéressant mais qu’il y a d’autres sujets à traiter. J’ai un trieur avec les infos que je reçois chaque jour et je les invite à y trouver des sujets. Une dizaine de correspondants. Certains ont leur enregistreur. Ils ont investit dans leur matériel. D’autres en ont un à disposition. Certains passent l’emprunter. Pas un son tous les jours. Ces aléatoire. Certains envoient le son par mail. D’autres viennent le monter à la radio. C’est moi qui monte. Certains sont là depuis si longtemps qu’ils commencent à monter.
Rétribution ? Jamais ça ne leur vient même pas à l’idée de le demander. Ils sont ravis de faire ça. Ils étaient juste dans le désir d’être acteur de leur territoire. Ils ne sont pas dans l’attente d’un retour. Ça fait un an. Le plus gros réseau s’est développé cette année. Je fais partie des nouvelles attributions de fréquences. Je dois continuer à attiser le désir pour qu’il y a ait toujours des correspondants disponibles
Question. Quel est le rôle du journaliste ?
Il fait un magazine et organise tous les mois un débat. Il faut un bulletin d’information diffusé à 7 h dans la plupart des radios, 12 h et 19 h. Il est réactualisé si le besoin d’en fait sentir. Il fait un journal avec ce qu’il a recueilli des sons envoyé. Ainsi qu’avec les sons qu’il a recueilli lui-même. C’est ce journal que les autres peuvent reprendre, diffuser ou agrémenter. En dehors de ça, il dort. C’est un boulot épuisant. Il a fait Science-Po, l’IJBA…Quand nous l’avons embauché, je pensais qu’il resterait 6 mois. Ca fait 3 ans qu’il est là. Il est extrêmement libre. Nous lui faisons des remarques, mais reste parfaitement libre. Il a une équipe.
A la Réunion, 22 radios sur 2.500 km². Pas de journalistes encartés.
Que des journalistes marrons. On fait de l’information presque continue On mutualise notre matériel et les personnes.
Il y a des journaux web qui viennent nous chercher. Ils préparent une bande son que l’on télécharge.
11 radios ont signé. Certaines font de la revue de presse.
Nous on est à 4 émissions par semaine sur l’événementiel, la valorisation du tissu associatif. Un autre magazine : actualité du livre, du cinéma… On sélectionne des trucs de valeur. Des artistes… Ces gens font leur produit, le mettent sur le FTP et un monteur ramasse tout, fait un montage et un chapeau. En ce moment, une foire agricole qu’on couvre une heure par jour. C’est la première fois. La journée des webmaster réunionnais. Un débat sur l’écriture du créole. Y’a RFO en face. Le vendredi, il n’y a jamais eu autant de conférences. On reprend certaines conférences que l’on coupe en morceaux. Des sujets de fonds que personne ne traite. 30 à 40 personnes. On réussit à couvrir 98 % des bureaux de vote de la Réunion. On se réunit tous les deux mois et on planifie. Chacun est est responsable de la grille des programmes. On se répartit les tâches.
Adrien.
Quel est votre réseau ? Comment vous maillez le territoire ?
En Saöne et Loire, Sud Bourgogne. Nous avons de bons rapports avec la presse locale. Nous avons un partenariat avec la cité préfecture sur Mâcon. Nous avons tous les interlocuteurs. Avoir qqn sur place qui peut avoir une information officielle. Avec la presse locale, lors d’élections. Un journal qui s’appelle l’indépendant. Les journalistes qui connaissent bien le sujet travaillent gratuitement car cela leur permet de gagner en immédiateté. Ils apprécient de pouvoir donner une information tout de suite. 80 km sur 60, comme la bande de Gaza. C’est un grand territoire pour un seul journaliste. Sans correspondant, on passe sa vie sur le terrain. Ils ont une culture de l’écrit. C’est un échange. Parfois, onf ait des articles qui ont vocation à être publié. Avec d’autres journaux, on est plutôt en concurrence. Les soirs d’élection, la radio apporte l’immédiat. Arnaud Montebour dans notre secteur, donc couverture nationale. On a eu la possibilité de le diffuser en direct à la radio. Les journalistes de l’écrit ont eu la satisfaction de donner l’information tout de suite.
Adrien.
L’échange avec la presse écrite locale est très gratifiant.
Matthieu et Daniel
Fakir : un journal basé à Amiens qui essaye de passer au national et on cherche des correspondants dans les radios. Donc vous. On a fait un numéro sur l’€. On prépare un numéro sur les banques. Dans chaque numéro de Fakir, une page par région. L’idée, c’est que les radios écrivent ou donne des infos. Idem elles pourraient rendre compte des infos du journal.
L’idée c’est de faire de la vrai information. L’info nationale est d’abord locale. Le but, c’est de faire une crédibilité assez importante dans ce réseau pour contrer l’information officielle. Besoin d’un niveau assez important.
Les 2 pbs d’un réseau de corres :
La fiabilité des infos. Or vous êtes des professionnels
Le coût. Un journal par exemple demande aux gens qui organise les événements d’aller sur internet et de rentrer eux-même les informations.
Nous avons lancé un premier numéro. Le 2e sur les banques. Si on survit, on va prendre des contacts cet été. Ca permet de faire connaître au niveau national les radios locales. Ca doit permettre de créer un réseau. Cela donne de la crédibilité au réseau. On se fait confiance les uns aux autres. Ca fait 10 ans que le journal existe à Amiens. De Robien a eu du mal avec le titre. Mermet, François Rufin.
Comment du local devient du national ?
Pourquoi ne pas faire des sons ?
Des journalistes sont obligés de s’autocensurer. Ils écrivent des choses qui ne paraissent pas. Ils peuvent se rabattre chez nous. Il y aura certainement beaucoup de pseudo. Diffusé par les messageries lyonnaises de presse. Quelques difficultés avec les Relais H. +une diffusion militante. Le 1er mai.
Notre idée est aussi d’aller sur internet.
Claude, La Gazette de Montpelier. Radio Clapas
Un partenariat avec l’hebdo de Montpelier qui marche très bien mais qui fait beaucoup d’info locale très peoplen très rumeur, très culturel au sens officiel.
Pas alternatif pour deux sous, mais fait par des gens qui l’ont été. On a passé un partenariat : une rencontre chaque semaine autour du sommaire. Une approche critique. On a un partenariat. C’est pas une pub pour cet hebdo. Mais faire un exercice critique est assez difficile. Ca fait deux ans et on pousse le réacteur en chef dans ses retranchements.
On chronique les CDs produits dans la région par des labels ou des artistes régionaux. On se réserve. SI des choses ne nous plaisent pas, on en parle pas. On est pas là pour matraquer. Conformité avec la ligne musicale de la radio. Jazz, blues… On exerce notre esprit critique. On est là pour faire connaître ce qui se fait dans la région, pas pour l’encenser à tout prix. On couvre aussi occasionnellement des manifestations culturelles.
Ça permet de mieux faire connaître la radio. C’est une expérience intéressante mais qui a ses limites. On est hébergés dans un hebdo qui tourne beaucoup. On reste une radio alternative. On est satisfait de ce partenariat.
Fakir : les textes sont renvoyés aux auteurs. Pas de comités de censure. Pas de rédacteurs en chef. C’est une convivialité.
Jean-François
Il ne faut pas envoyer des CDs au fond de soutien, ça ne sert à rien. Je trouve ça formidable de ressortir un média papier à notre époque. C’est un peu fu. On sait tous que la presse écrite, c’est la base.
Adrien
Quelles sont les sources d’information ?
Il faut se méfier du monde de la communication. Ils sont partout. La moindre association un peu importante a son service communication. Ils sont gentils, ils vous nourrissent. Ce ne sont pas nos amis.
Ce n’est pas au café que tu prends l’info. C’est une caricature. Il faut aller sur le terrain. Il faut aller chercher l’information nous-même. Regardez Le Parisien comme leader d’opinion. Tu lis le Parisien et tu sais ce qui sera dans le journal le soir. Je pense qu’on peut prendre le contre-pied d’une info.
Nous on a le temps de prendre le temps. 5 mn d’itv plutôt que 30 secondes comme sur les autres radios, ça permet d’approcher une réalité. Ca permet de se donner les moyens de comprendre.
Jean-François
Anecdote. C’est bien d’approfondir. Il y a quelques années, je me rendais au congrès du CNRA à Dijon. On écoutait les radio associatives du coin entre Limoges et Dijon. On est tombé sur une interview qui a duré 20 mn. On y croyait pas. Sur une femme qui faisait des bouquets en fleurs séchées. « Quelles couleurs »…