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Atelier 8 - Les nouvelles pratiques d'écoute de la radio et les nouveaux métiers

Atelier 8 - Les nouvelles pratiques d’écoute de la radio et les nouveaux métiers

publié le lundi 8 juin 2009


ATELIER-8

Les nouvelles pratiques d’écoute de la radio et les nouveaux métiers

Introduction et présentation de Claude Palmer

« A dire la vérité, on ne sait pas du tout où l’on va, et les spécialistes se trompent régulièrement. On va tenter d’aider au débat, montrer par des images et des sons ce que l’on pourra faire. Pour l’instant, cela paraît simple de débattre sur ce qu’on pense de ce que sera la radio de demain.

Je vais vous propose quelques exemples de ce que pourrait être la radio de demain avec les métadonnées. Mais ce n’est pas gagné. Les radios associatives n’ont pas la garantie d’avoir assez de place et de bande passante, même si un certain nombre d’entre nous l’envisagent très sérieusement. Nous avons, passé le stade du numérique en B.F. et en transmission de données par Internet. On maîtrise ces techniques. Mais ce n’est pas suffisant.

L’avenir étant aux jeunes, j’en ai interviewé plusieurs, sachant qu’il y a des possibilités, et même pour les radios actuelles à travers les blogs et les sites, de faire beaucoup plus que ce que l’on faisait auparavant. On avait élaboré en préfiguration du futur un cahier des charges pour la CNRA qui autorise un travail collaboratif avec des logiciels libres. Ces sites fonctionnent sous SPIP et permettent à des administrateurs d’intervenir à tout moment et d’ajouter les éléments écrits, des films, etc »…

- Quelles possibilités d’aborder le multimédia pour les associations ?

- De nouveaux outils, de nouveaux métiers. De nouvelles formations… Il y aura nécessairement des négociations dans le futur avec la CPNE

- Quels nouveaux auditoires ?

- Quels nouveaux financements ?

Des structures plus lourdes ou diversifiées. La structure radio aura besoin de réseaux, de responsables sur des projets. Il faudra faire des choix plus complexes que ceux que l’on fait maintenant. On arrivera à des organigrammes avec un comité de pilotage, un cahier des charges, un responsable de projet, des gens qui connaissent l’informatique ou de nouveaux logiciels au départ.

On a eu une discussion sur le sujet en CA en Poitou-Charentes, des responsables de radios ont des opinions contradictoires sur ce que pourrait être le fonctionnement du numérique. Cela existe partout dans les grandes entreprises, les collectivités, les régions… Elles regroupent leurs savoirs pour mettre en place ces systèmes. Il faut aussi impliquer le public. Si vous n’avez pas de public pour vos métadonnées…à quoi bon ? Il faut donc échanger avec des conseillers internes, des responsables de collectivités et des administratifs qui ont déjà expérimenté ces techniques, organiser des serveurs regroupant des données textuelles, photos, dessins…

Je veux vous donner envie de réfléchir à des choses qui sont en gestation. On pense à des logiciels à intégrer à nos systèmes de logiciels de diffusion automatisée, qui permettront de retrouver un fichier log, un historique, permettant au grand public de retrouver ce qu’il recherche. Le lien social en radio se crée à partir des échanges avec les auditoires. Les annonces des naissances, décès, mariages dans certaines régions, ou pouvoir reconsulter ce qu’a dit un président d’association. Cela pourra se faire à travers ce système de diffusion numérique. Cela se traduit par des exemples : du textuel, image et son, mais pas de vidéo sachant que la bande passante ne permettra pas de faire de la diffusion de films.

Pour ma radio, je ne sors plus jamais sans un appareil photo, une caméra et le dossier de presse depuis deux ans … et je garde tout, regroupé dossier par dossier en prévision du futur.

DISCUSSION

Vallée FM, radio de l’est parisien :

…« Jusqu’à présent, nos médias étaient des médias de flux. Les gens arrivent n’importe quand et il fallait les accrocher. Les jeunes délaissent ce flux pour le choix de la musique avec le podcast, … Ils mettent en route et arrêtent comme on lit un journal. L’étape suivante qui devrait arriver avec la radio numérique : le mariage des deux : flux+choix, radio+baladeur. Au moment où ces deux médias se rencontrent, est la radio numérique. La question va se poser, c’est est-ce qu’avec la radio numérique, on aura ce fameux pushing. « Je suis en train d’écouter la radio », et en même temps, je charge un programme que j’écoute plus tard. J’écoute les 5 dernières minutes. Je reviens au début. Si on arrive à s’accaparer cela sans le laisser aux commerciales, on aura gagné …Dans la radio numérique on reste dans un média de flux. Pas de choix. Les images, le texte… Restent un média de flux. On ne peut pas reprendre plus tard une émission. On ne peut pas le faire pour l’instant. Pour l’avoir vu chez Towercast à Paris. »…

…« Moi, la question que je me pose : qu’est-ce que réellement ça va nous apporter par rapport à internet : le stream, podcast… Quelle différence réelle ? »…

…« Ce sont les documents de votre radio pour votre auditoire. Ca concerne votre auditoire ? Les gens qui s’intéressent à la course croisière, à l’ostréiculture… ils peuvent aller sur internet, mais ce ne sera pas traité comme par vous (sous le même angle). »…

« Aujourd’hui, il y a le streaming et le site de la radio. Sur le menu, vous choisissez les émissions qui vous intéressent. Cela existe déjà. Vous écoutez et vous voyez les images en même temps. »… « Sauf que sur Internet, tu payes. Internet, cela n’est pas exploitable en voiture non plus. Tu ne regardes pas ton poste radio dans ta voiture. »…

Réponse de l’animateur.

… « En Poitou Charentes, on avait monté un très gros dossier patrimoine Région-Europe-contrat de plan Etat-région. Dossier rejeté. La présidente de région s’occupe de combler son déficit et dépense de moins en moins. Ce projet existe pourtant et sera peut-être repris dans 6 mois ou un an. L’intérêt de ce dossier, c’est qu’on parle en termes de patrimoine sonore et de sa recherche sur internet. A ce jour, pour beaucoup de radios, ce n’est pas forcément sur internet ou stocké sur un DD. Ce n’est pas indexé ce qui serait pourtant utile afin d’être utilisé par n’importe qui ou revendu à des sociétés. De nouvelles ressources vont apparaître avec le stockage de l’information. Il y a trois jours par exemple, j’ai reçu un appel d’Antoine Lefébure (Fréquence Verte Fessenheim) pour un partenariat d’archivage avec l’INA. Ils nous numérisent toutes nos archives et s’engagent à nous rendent les copies et les originaux. Enorme travail ! En Poitou-Charentes, on peut déjà voir le travail des quatre radios de la « Byrd » sur le site du département des Deux-Sèvres. Les radios et le département ont un(e) journaliste salarié(e) à l’année qui gère le dispositif mis en place. Ils stockent toute l’information au quotidien et commencent à indexer. »…

« Cela existe déjà aujourd’hui sur l’internet non ? Qu’est-ce que le numérique va apporter ? »…

…« Qu’on puisse écouter tout partout. Ce ne sera pas l’internet sur le téléphone portable »…

…« Vous croyez que les gens vont acheter plusieurs outils de télécom alors qu’avec un seul téléphone portable, on peut tout faire. »… …« On ne sait pas où l’on va, mais on a des hypothèses de travail et des pistes. »…

« Moi j’ai peur qu’on investisse dans un truc qui globalement ne nous serve pas à grand-chose. Aujourd’hui on investit déjà beaucoup dans l’internet. »…

…« Cette question a été posée hier en plénière. Il a été répondu qu’on n’aurait pas le choix. Est-ce qu’on ne risque pas de se détourner de nos origines ? On ne fait pas de la radio pour être webmaster. Et demain la France sera de plus en plus vieille. »…

Claude Palmer.

…« En 2007, et tous les ans, le GIEC (groupement d’étude du ministère de l’Economie et des Finances) commande une étude au CREDOC sur l’écoute de la télé et la radio en France. La dernière date de 2007. Vous qui êtes en activité à 40/50 ans, vous serez tous connectés. Les retraités de maintenant viendront naturellement au multimédia. Ils seront dans la même situation que les jeunes que j’ai interrogés. On voudra tout, tout de suite, avec un outil adapté.

… « Alain Méar disait hier qu’on n’avait pas le choix mais il parlait pour lui. Il est contraint par la loi. Le consommateur, l’auditeur, à la base, il a le choix. Et lui, il regarde sur son Ipod, il écoute ce qu’il veut quand il veut. Les habitudes d’écoute changent. Mais est-ce que la radio numérique va apporter un plus par rapport à ce qui existe déjà. C’est juste la manière de travailler qui va changer. »… …« Moi je demande à mon équipe de se balader avec un appareil photo parce que tous les reportages sont en ligne. Dans un média visuel. Il va bien falloir générer du visuel. On va devoir s’adapter à cela. Je ne me suis pas du tout contenté de faire une vitrine. »…

…« On n’en est pas du tout sûr. Je ne suis pas certain que ceux qui écoutent la radio soient intéressés par les images. »

…« Nous on a mis un système de dédicaces sur le site web. On est inondé de mails. Les dédicaces par SMS. Idem. Le service dédicace par SMS, ça fonctionne. Tout le monde joue. »…

…« Je suis d’accord avec toi mais qu’est-ce que le numérique vient faire la dedans ? On nous bassine avec les données associées. Pour moi la radio c’est écouter un programme. Mon poste est posée, je me promène, je bosse… Le jeune qui écoute la radio. C’est un plus, non négligeable. On se fait des télés locales… Mais qu’est-ce que le numérique vient faire là dedans ? »…

…« Moi je pense qu’il n’amènera rien Mais ca ne veut pas dire qu’il faut le laisser tomber. »…

« Concernant le numérique. Qu’on y passe ou qu’on reste en analogique, ça ne changera rien. Ce qui est important, c’est que le passage au numérique a un coût. On est persuadé que certaines radios associatives ne pourront pas suivre. On va subir une ponction et on se demande maintenant si ces radios associatives risquent de mourir. Comme on vient de subir une mainmise de l’Etat sur Radio France. On ne sait pas combien ça va coûter. Est-ce que ça va fermer la porte aux radios qui ont l’habitude de laisser parler les gens. ? C’est la question fondamentale. J’ai fait un sondage autour de moi et demander aux gens pourquoi ils pensent que le numérique va changer quelque chose. Il y aura une mainmise technique qui va amener des gens à ne plus pouvoir s’exprimer. »…

Claude Palmer.

…« Un problème vient d’être soulevé. Ce qui est en train de se passer dans les autres médias avec la paupérisation des classes moyennes et la limitation des moyens par la technologie comme panacée… La réalité, c’est les relations complexes par rapport aux autres médias. La presse écrite évolue vers l’internet, le son et la vidéo. Les radios commerciales indépendantes de catégorie B prennent tout cela au sérieux et s’y préparent. Ils ont souvent les mêmes auditoires que nous. Les sondages Médiamétrie montrent que les auditeurs des radios associatives sont des zappeurs, et écoutent plusieurs radios sur plusieurs thèmes. Il sera difficile d’être dans la masse des médias tels qu’ils vont évoluer. Ce n’est pas la fuite en avant, et ce n’est pas un problème d’éthique. Il faudra rester en phase avec la société civile. »

Christophe Avellaneda.

…« Quand je suis arrivé dans la radio il y a quelques semaines, j’ai découvert ce système des SMS. J’ai essayé de le faire à l’antenne. J’ai fait le jeu avec le SMS et je me suis planté parce qu’il y a tout un protocole. J’ai dit plus simplement, vous pouvez téléphoner au… Ca a marché. On faisait gagner des places de concert. Aucun coup de fil. Tout par SMS. Ca a été une surprise. Mes auditeurs n’étaient pas comme moi dans leur chambre en train d’écouter mais dans les transports en commun ou en train de marcher. Ils écoutaient la radio sur leur téléphone. Aujourd’hui, avec les points on peut gagner un téléphone performant. »…

Jean-Marie Noël, Radio Mercure

…« Sur l’acceptation de la radio numérique terrestre. La TNT marche avec une offre multipliée par trois. Les données associées : c’est de la pub. C’est l’objectif des radios commerciales. Mais ce n’est pas notre objectif. On peut penser que ça ne servira à rien. On peut envisager de ne pas faire pour se différencier. Moi je trouve que y’a des raisons d’espérer par le côté « pas de fil à la patte » de la radio. C’est une technique qui va démultiplier cette force là. Inquiétude à avoir : que d’autres s’approprient ce côté et que des radios prennent cet avantage exclusif de la radio qui permettait seul de s’informer en se déplacement. Je pense qu’il faut être présent pour pousser cet avantage jusqu’au bout. On va être obligé de faire des données associées et ce qui est intéressant, c’est que l’on va continuer de faire ce que l’on fait. Ce qui nous a fondé depuis le départ reste valide. Question de la lisibilité de l’offre. D’après les études, la radio reste toujours le média le plus crédible pour la population.

Quand on est dans sa voiture c’est différent. Si on a son téléphone dans la main on se prend une prune. Et si on regarde sa chaîne ? Et le GPS ? Les autoradios ne devront pas avoir d’affichage numérique dès lors que le contact sera allumé. »…

…« Je rejoins les propos anxiogènes d’hier . On ne doit pas perdre le cœur du métier. On fait de la radio. Si dès le départ on sait que l’on fait de la radio et peu importe à quoi serviront les données associées, pub ou info sur une association. Il faut l’utiliser comme outil. Notre métier, c’est de faire de la radio. Y’a des termes qui me gênent : « on va faire de l’image et du son ». Non. Je fais du son et je vais faire de l’image. Des webcams dans les studios ? En débat chez moi. Qu’une vidéo suive un reportage ? Pourquoi pas. Une photo ? Oui, un texte, oui. C’est mon métier. Mon métier c’est la radio. »…

Claude Palmer

…« Dans un de nos congrès, on avait invité quelqu’un qui travaillait pour le gouvernement canadien. (M. Ouelette) un Canadien. Il a dit que les auditeurs canadiens considéraient que la RNT n’apportait pas grand-chose. Le coût des infrastructures terrestre est tellement lourd qu’ils adoptent le système US par satellite. L’histoire de la T-DMB français il va falloir voir ... A priori on ne peut pas faire de vidéo avec la RNT Si vous voulez utiliser cette présentation dans votre radio ou les documents de TDF qui déclinent la technique numérique, merci de me contacter : palmerclaude@wanadoo.fr »…

Gilles

« Moi je trouve qu’on est toujours dans le même débat, le fond et la forme. Ce qui me plait dans la radio, c’est que c’est une écoute libre. On fait ce que l’on veut pendant qu’on écoute la radio. On peut améliorer les outils. Mais je dis attention. C’est encore une manipulation de l’Etat par rapport à des échanges de normes et d’appareils avec la Corée… Ce sont des technocrates parisiens qui ont décidé qu’il fallait passer au numérique. Ils n’y connaissent rien. Si nous sommes des artisans, ce n’est pas mal si on reste les vinyles du multimédia, je le revendique. Dans ma radio rurale, ça fait marrer. Les tracteurs commencent à peine à avoir la FM. Du côté du Larzac, on voit des choses rurales. Il ne faut pas se tromper de débat. Améliorons les outils. On a 4 fréquences et on est autonome. On se démerde. J’espère qu’un jour des bidouilleurs pourront faire des émetteurs numérique pas chers et qu’on pourra leur piquer leur monopole ( à TDF) ? »…

…« Je peux vous affirmer que le système de multiplexage ne permet pas de faire des bidouilles et nécessite 2 choses : L’encodage. On peut le faire. l’acheminement vers le site où on va faire le bouquet également. Le multiplexage pour la réémission, c’est un émetteur classique. Mais le problème du multiplexage est que ce sera un appareil qui sera obligatoirement partagé entre tous ceux qui seront multiplexés.

Donc on est niqués !

S’il y a 10 radios associatives qui se regroupent, elles peuvent l’être »…

St Affrique :

…« Il n’y a pas 10 radios associatives à multiplexer sur chaque plaque. Donc ils seront avec d’autres gens. Ils ne pourront pas contrôler le multiplexage. On sera avec Chérie, Fun… et les émetteurs porteront plusieurs multiplexes. Moi je n’ai pas connu le numérique. On ne pensera pas à l’auditeur. Ce sera un client. S’il n’est pas content, il changera de chaîne.

Question : Est-ce que nous, on aura les moyens de se l’approprier ? Les commerciales sont énormes. Nous, petits budgets, pourra-t- se payer l’émetteur ? »

« Tu pourras y avoir accès, mais tu ne pourras pas l’acheter et en être propriétaire. C’est un privé qui aura la gestion : TDF…VDM, Towercast. »…

Claude Palmer.

…« Je crois que l’on n’a pas abordé la question de savoir si cela va générer un nouveau type d’écoute ?

…« Oui. Les jeunes vont l’écouter différemment. Ce qui est dommage, c’est que la radio doit être un lieu d’échange. J’ai peur que la radio ne s’écoute plus à plusieurs. Idem les SMS. Pas de téléphone, pas de ton personnalisé, pas de voix.

C’est voulu »…

Claude Palmer.

…« Ce qui vient d’être dit n’est pas vraiment une paranoïa. On est dans liberté d’expression contre stabilité sociale. Et on est en période de crise actuellement. L’Etat va favoriser les concentrations pour maintenir la stabilité sociale. »

…« Forum, blog, SMS… J’ai l’impression que c’est encore plus interactif qu’avant. Mais les débats sont moins vivants »

Claude Palmer.

Reconnaissez quand même que les formats de nos radios ont bien changé en 25 ans. Les émissions de 2h sur la cuisine c’est terminé. Pour ma part si je faisais plus de 2 mn sur une info, je serais viré. (En tout cas pas diffusé) 

Sources iconographiques

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