publié le dimanche 7 juin 2009

Animé par Carine KUMPS de Radio Scarpe Sensée et Dominique VASSEUR de Radio Valois Multien en présence de Catherine GÉNISSON, députée PS de la 2ème circonscription du Pas-de-Calais.
Lors du Congrès précédent, un atelier avait déjà permis de faire le point sur la situation des femmes dans les radios associatives. L’édition de cette année s’est donnée pour but de proposer des actions concrètes.
Introduction de Catherine GÉNISSON
« Je pense que l’on doit tendre vers une égalité homme-femme pour les droits comme pour les devoirs. C’est le mal nécessaire pour mieux vivre ensemble. N’oublions pas que les femmes ne sont pas une minorité mais la moitié de la population. » La députée préfère une solution « irrigation » dans tous les aspects de la société de cette question de la place des femmes plutôt que d’adopter la contrainte. Néanmoins, elle constate qu’il faut parfois en venir à des mesures spécifiques pour améliorer la situation.
Problèmes rencontrés.
Stéréotypes, railleries ou tendance à stigmatiser sur des caractéristiques physiques : les radios associatives n’échappent pas au machisme ordinaire selon les intervenants. Ce qui peut aboutir au silence de celle qui a pris la parole. Ces mauvais réflexes et clichés continuent trop souvent à être portés par les médias. Tous les participants ne partagent pas la gravité du constat. Pour certains, il ne s’agirait que de « légèreté » voire de convivialité dans les moqueries évoquées. Selon des analyses et des statistiques nationales récentes, on fait plus facilement appel à des experts masculins en radio, et, souvent, quand ce sont des femmes, on ne cite pas leurs noms, on se contente de donner leur fonction. Pour les radios associatives et leurs organisations, ce sont les postes de dirigeants qui sont pointés du doigt. Bien que les femmes soient généralement bien présentes dans les associations-radio, ces dernières ne seraient que 5% à avoir une présidente à leur tête. Et il est constaté que sur les 18 fédérations adhérentes de la CNRA, il n’y a pas une seule présidente. Plusieurs facteurs sont évoqués : le manque d’assurance face à la prise de parole, la peur des réactions des hommes vis-à-vis de leur implication, l’heure tardive des réunions, souvent incompatible avec les responsabilités familiales. Une bénévole de radio intervient alors pour souligner que « Si une femme a envie de monter un projet (d’émission par exemple), c’est à elle de se prendre en charge et de s’imposer si besoin. Elle n’a pas à attendre qu’on lui tende les bras. »
Catherine GÉNISSON rappelle que si certaines femmes parviennent à s’imposer naturellement, ce n’est pas le cas de la majorité. « Les femmes considèrent que c’est à elles d’assumer les conséquences de ces inégalités, de trouver elles-mêmes des solutions, ce n’est pas normal. » Pour elle, un dispositif spécifique est souvent indispensable pour faciliter leur prise de responsabilités. En fait il serait bien de se poser la question : qu’est-ce qui va donner envie à une femme de se présenter à un poste au conseil d’administration ?
Quelles perspectives pour améliorer la situation ?
Francesco DIASIO, secrétaire général de l’AMARC Europe , a distribué un questionnaire sur la place des femmes dans les radios. Il existe le Réseau International des Femmes de l’AMARC (AMARC-RIF) qui stimule une réflexion permanente sur la question.
Pour Francesco DIASIO, passer par la discrimination positive serait une erreur : « C’est une bataille culturelle qu’il faut mener. » Plusieurs intervenants proposent également d’interpeller les hommes afin qu’ils s’impliquent sur le traitement de sujets trop souvent catégorisés comme étant féminins, notamment des chroniques sur les luttes féministes ou des parcours de femmes qui ont réussi.
Carine KUMPS conclut le débat sur une motion présentée au conseil d’administration de la CNRA pour la promotion des femmes dans les radios. « J’y propose de modifier la charte des radios citoyennes , pour valoriser leur rôle. Les changements seraient les suivants : « Animées par et pour les citoyens et les citoyennes (…) combattre les thèses racistes, les discours d’exclusion, éliminer la propagation de stéréotypes, notamment de genre. (…) afin que les femmes ne soient pas freinées pour accéder aux postes à responsabilités. »