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Des députés pour une fusion des autorités administratives indépendantes (ex. CSA et ARCEP)

Des députés pour une fusion des autorités administratives indépendantes (ex. CSA et ARCEP)

publié le vendredi 29 octobre 2010

Nouvelle instance créée à la suite de la réforme Constitutionnelle, le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée a présenté le 28 octobre 2010 son rapport sur les autorités administratives indépendantes (AAI).

La CNRA a été sollicitée par ce Comité au sujet de ses relations avec le CSA et l’ARCEP.

Les rapporteurs René Dosière (App. SRC) et Christian Vanneste (UMP) y recommandent une rationalisation drastique de ces autorités.


D’aprés la Gazette des Communes

« Notre travail valide le principe des AAI, elles existent dans tous les pays et elles ont démontré leur utilité », reconnait René Dosière, député apparenté au groupe socialiste, radical et citoyen (SRC). Il indique aussi que les usagers les considèrent comme « efficaces », jugeant leur personnel « compétent », même si quelques « lourdeurs » ont été constatées.

Un satisfecit qui contraste avec les propositions des rapporteurs qui critiquent « la multiplication de ces autorités » et les « chevauchements de compétences » qu’entraîne parfois leur création, l’administration ne renonçant pas toujours à ses prérogatives après les avoirs pourtant transférées.

Ce qui inquiète principalement les deux parlementaires, ce n’est donc pas leur efficacité, mais la croissance de leur volume budgétaire et de leurs effectifs. Le chiffre des crédits consommés en 2009, 387,1 millions d’euros, semble sous évalué, selon René Dosière et Christian Vanneste. Ils l’évaluent, en ajoutant notamment le coût des fonctionnaires détachés, à environ 600 millions d’euros.

Nombreuses fusions

Avant les pistes d’économie, les rapporteurs suggèrent tout d’abord d’importants regroupements au sein de ces AAI. « Il y a une nécessité de rationalisation urgente », estime Christian Vanneste qui voit l’arrivée au Palais-Bourbon du projet de loi, adopté en juin dernier au Sénat, créant un Défenseur des droits d’un bon œil.

Le rapport plaide pour l’intégration dans le giron de ce dernier de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), du Médiateur de la République et du Défenseur des enfants, du Contrôleur des lieux de privation de liberté, et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

Les parlementaires souhaitent que la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) se rapproche de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).

Suppression et pôles communs

Comme nous pouvions le craindre, la Commission propose la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) et de la récente Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi).

Pour le contrôle de la concurrence d’une part, de l’énergie d’autre part, regroupements aussi !

Enfin, les deux députés réclament la suppression de certains AAI « qui ont d’ores et déjà perdu leur justification, voire leur utilité », telles que la Commission des participations et des transferts (CPT) ou la Commission nationale d’aménagement commercial (Cnac). De plus, ils recommandent que les compétences de la Commission nationale du débat public (CNDP) soient transférées, éventuellement au Parlement pour les débats nationaux.

Par ailleurs, afin de « réduire les chevauchements » entre autorités, des pôles communs pourraient être mis en place.

Transparence et réduction des budgets

Les autres recommandations du rapport concernent l’indépendance et le contrôle des AAI qui « n’ont pas de légitimité démocratique », rappelle Christian Vanneste qui souhaite les « remettre à leur place ». Elles n’échapperaient plus à une surveillance rigoureuse, avec une transparence des budgets, l’instauration de grilles de rémunération, la stabilisation de la masse salariale et l’élaboration d’indicateurs de performance. Les deux parlementaires suggèrent aussi une réduction des dépenses immobilières et de fonctionnement ainsi qu’un rapport d’activité présenté chaque année au gouvernement et aux deux chambres. « Ces autorités ne doivent pas s’abstraire des contraintes budgétaires », souligne René Dosière.

Voir en ligne : l’article de la Gazette des communes

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