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L'Avenir de l'Artois - 20 mai 2009

L’Avenir de l’Artois - 20 mai 2009

publié le lundi 18 mai 2009


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16e congrès national des radios associatives
Le chantier radio numérique inquiète

mercredi 20.05.2009, 14:00

Hervé Dujardin et Isabelle Bourdrais, président et vice-présidente de la Confédération nationale des radios associatives, lors du congrès à l’Atria. La confédération nationale des radios associatives, CNRA, tenait son 16e congrès national du 14 au 16 mai à l’Atria.

- « Nous avons choisi Arras car le Département est exemplaire en terme de soutien aux radios associatives. Le Département alloue 12 000 euros par an et par structure au regard du lien que nous tissons avec la population et de la proximité », explique Hervé Dujardin, président de la CNRA et journaliste à Radio Scarpe Sensée à Vitry-en-Artois. Une aide équivalente de la Région est d’ailleurs en pourparlers... Lors du congrès regroupant 80 radios venues de toute la France et de l’outre-mer, il a été question finances, le nerf de la guerre pour les quelque 700 radios associatives de France. Il a surtout été question du vaste chantier de la radio numérique. Et aujourd’hui, c’est l’inquiétude qui prédomine.

Les places seront chères
- « Les places seront plus chères car pour émettre sur une ville, nous seront obligés de passer par des opérateurs qui feront la pluie et le beau temps dans les multiplexes (là où seront hébergées les radios). À Lille, on sait que le numérique coûtera 20 000 euros à l’année et 40 000 euros à Marseille, c’est énorme ! » insiste Hervé Dujardin. À titre d’exemple, Radio Scarpe Sensée s’est dotée cette année d’une nouvelle antenne et de matériel pour un montant total de 24 000 euros. « C’est du matériel dont nous sommes propriétaires et qui va durer dix ans », ajoute-t-il. Le budget annuel moyen d’une radio associative est de l’ordre de 100 000 à 130 000 euros.

- Inquiétude encore car on ne sait pas comment le numérique va se développer. « À Lille, son arrivée est prévue pour décembre, peut-être Valenciennes mais Arras, Douai etc. on ne sait pas », lâche le président. Inquiétude enfin car le lobby des grands groupes peut « exploser » la loi anti-concentration qui prévoit qu’une radio ne peut pas toucher plus de 150 millions d’auditeurs... « Le danger est que l’on sera obligé de se regrouper avec d’autres radios, que nous serons à la merci des radios plus riches et plus puissantes. »

- Pour la CNRA, la radio numérique est une technologie intéressante, et les radios asso doivent avoir leur place dans les multiplexes, « ni au sous-sol, ni au garage ». « Il ne faut pas oublier que la radio associative c’est la liberté d’expression, la possibilité aux personnes d’un territoire de partager. Nous ne voulons pas tomber dans le monopole de l’argent où il y a peu de place à la créativité et à l’imagination. Nous voulons rester une radio citoyenne qui accompagne les gens », rappelle Hervé Dujardin qui a été réélu président à l’unanimité le dernier jour du congrès.

Mylène RÉVEILLE

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