Accueil
Accueil > Actualités > CNRA et solidarité internationale > L’immigration clandestine en Europe vue depuis Lampedusa
L'immigration clandestine en Europe vue depuis Lampedusa

L’immigration clandestine en Europe vue depuis Lampedusa

publié le mardi 30 juin 2009

Du 10 au 17 juillet 2009, l’agence radio italienne Amisnet se rend sur l’ile de Lampedusa.

Cette petite île italienne, plus proche de la Tunisie et de la Libye que de la Sicile, est devenue au fil des ans le symbole de l’arrivée des migrants africains en Europe, entassés sur des embarcations de fortune.


L’objectif est de se rendre à Lampedusa pour procéder à un état des lieux de la situation locale, laissant ouvert nos micros aux habitants de l’île.

Pendant ce temps, les chefs d’Etats et de Gouvernements des huit principales puissances mondiales se réuniront à L’Aquila pour y discuter, entre autres, des politiques de sécurité et d’immigration, traçant ainsi les routes migratoires de demain.

En allant à Lampedusa, Amisnet a choisi d’aller mesurer les conséquences locales de ces politiques globales.

Pour toute correspondance ou interview en langue française, les radios qui le souhaitent peuvent contacter Elise Melot

D’après MSF, 30 000 personnes sont passées par Lampedusa en 2008. Elles ont pratiquement toutes transité par la Libye, d’où elles ont pris la mer.

En février 2009, alors que les départs de l’île sont bloqués depuis un mois et donc que les migrants s’y entassent, le centre de rétention part en flammes.

Lampedusa fait de nouveau la une des journaux. Las, les habitants de l’ île – ils sont 6000 résidents – défilent aux côtés des migrants. Ils s’opposent à l’ouverture d’un deuxième centre de rétention sur l’île. Cette résistance leur vaudra l’arrivée de plus d’un millier de militaires.

Fin mai 2009, peu avant la tenue du sommet réunissant à Rome les ministres de la Justice et de l’Intérieur des Etats membres du G8, le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni (Ligue du Nord), se félicitait de l’efficacité des politiques de refoulement des migrants vers la Lybie, “réduisant pratiquement à zéro” le nombre de migrants arrivant à Lampedusa.

Les témoignages que nous avons pu recueillir auprès de membres d’organisations présents sur l’île confirment en partie ses dires : au cours du mois passé, presque aucun migrant n’a posé le pied à Lampedusa.

Pour échapper aux patrouilles, les migrants empruntent d’autres routes, plus longues et dangeureuses.

L’arrivée récente de migrants a ainsi été attestée en Sardaigne. A Lampedusa cependant, les dispositifs d’accueil et de rétention sont toujours en place.

Répondre à cet article

1 Message

  • Retour de Lampedusa 20 juillet 2009 20:33

    Bonjour, Nous voilà rentrées de Lampedusa, où nous avons entre autres pu visiter le centre de rétention d’Imbriacola, partiellement détruit par un incendie en février et aujourd’hui complètement reconstruit et vide de tout migrants. Les politiques de refoulement en Libye sont en effet entrées en vigueur et depuis deux mois plus aucun migrants n’a pu poser le pieds sur l’ile. Ci-dessous un communiqué. Merci d’avoir publié le précédent communiqué, nous sommes toujours disponibles pour des correspondances sur le sujet, A bientot, Elise Melot

    Lampedusa : le centre de rétention est reconstruit

    Le centre de rétention d’Imbriacola – Centro di Soccorso e di Prima Accoglienza – situé à Lampedusa, partiellement détruit par un incendie le 18 février 2009, est aujourd’hui de nouveau apte à recevoir 830 personnes. “Les travaux ont été effectué en un temps records”, a affirmé Federico Miragliotta, directeur du centre, “le bâtiment détruit par les flammes a été reconstruit en un mois et demi”. En 2008, 30 000 personnes venues de Libye ou de Tunisie ont transité par cette île italienne de 22 km² située dans le canal de Sicile.

    Le 16 juillet 2009, nous avons pu visiter ce centre de rétention. “La structure est identique à celle qui a été détruite par les flammes, nous a expliqué Federico Miragliotta, nous avons utilisé les mêmes matériaux, seule la répartition des chambres a été modifiée. Grâce à un système de lits superposés, elle peuvent contenir jusqu’à 12 personnes, contre 8 avant l’incendie”.

    Le centre de rétention est aujourd’hui vide. En effet, depuis la mi-mai, les accords signés entre la Libye et l’Italie sont entrés en vigueur, et les migrants interceptés dans le canal de Sicile sont refoulés en Libye. Début mai, l’Italie a offert à la Libye six vedettes pour mener à bien cette mission. Les forces militaires italiennes patrouillent elles aussi dans le canal de Sicile, et l’organisation européenne Frontex est également active dans la zone. Nous avons cherché à rencontrer les autorités militaires italiennes pour savoir comment se déroulaient ces opérations de refoulement, mais le commandant de la capitainerie du port de Lampedusa, Achille Selleri, ne peut être interviewé sans recevoir le feu vert de sa hiérarchie, et depuis janvier aucun journaliste n’a été autorisé à s’entretenir avec lui sur ce sujet.

    Comme tant d’autres habitants de l’île, Giusy Niccolini, directrice de Legambiente Lampedusa, l’organisation qui gère le parc naturel, ne croit pas que la politique de refoulement durera longtemps : “Pourquoi reconstruire à neuf le centre de rétention d’Imbriacola et créer un Centre d’Identification et d’Expulsion – CIE – sur l’île si les migrants ne doivent plus arriver ici ? Les arrivées de migrants vont reprendre.” En l’état, ce deuxième centre a déjà reçu des migrants durant l’hiver. Nous avons pu constater que des containers ont été acheminé sur le terrain et attendent d’être aménagés. “L’ex base militaire de l’OTAN, située sur la pointe occidentale de l’île, est d’ors et déjà un CIE. Des travaux doivent être effectués pour le rendre fonctionnel”, nous a confié l’adjoint au maire délégué aux politiques migratoires et à l’éducation de Lampedusa, Mauro Buccarello. Les différents centres de rétention de l’île ont toujours été construit sur des terrains militaires : le premier centre se trouvait dans le locaux de l’aéronautique, à côté de l’aéroport, il a été remplacé par le centre d’Imbriacola, édifié en zone militaire ; et enfin le dernier né, le CIE, situé à l’écart des zones habitées, sur l’ex-base militaire de l’OTAN. Sur un territoire d’à peine 22 km² sont réparties 16 casernes militaires. Quand le ministre italien de l’intérieur, Maroni – Ligue du Nord – a annoncé la création de ce deuxième centre, les habitants de Lampedusa ont vu leur île se transformer en prison.

    Pour Gisuy Niccolini, cette politique de refoulement ne fait que rendre encore plus dangeureux le voyage entreprit par les migrants pour rejoindre l’Europe, “la méditerranée est devenue un véritable cimetière, rien ne peut empêcher les migrants arrivés en Libye de vouloir entreprendre la traversée. On ne sait rien des gens qui sont refoulés en Libye, parmi eux il y a certainement des demandeurs d’asile, puisque plus de la moitié des migrants arrivés en 2008 ont demandé l’asile politique”, donnée qui nous a été confirmée par Barbara Molinario, qui travaille pour l’UNHCR au sein du centre d’Imbriacola. “Pour éviter d’être refoulés, les migrants tentent d’autres routes, plus longues et dangeureuses”, selon Niccolini. Dans la nuit du 15 au 16 juillet, une embarcation chargée de 110 migrants est arrivée dans les environs de Siracuse, en Sicile. Une dizaine de jours auparavant, un bateau sur lequel se trouvait 47 migrants a été arrêté entre la Libye et Lampedusa. Quarante d’entre eux ont été renvoyés en Libye, les sept autres, jugés physiquement inaptes à effectuer ce voyage de retour ont été transporté sur les côtes siciliennes.

    Reportage de Marzia Coronati et d’Elise Melot http://amisnet.org/agenzia/2009/07/17/passpartu-39-lisola-dei-turchi-invisibili/

    Pour tout contact : Elise Melot : 00 39 348 67 56 954

    Répondre à ce message


Confédération Nationale des Radios Associatives
| publié sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0 fr
Espace Privé | généré dynamiquement par SPIP & Blog'n Glop | Crédits Agence Oui