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Table ronde sur la complémentarité des dispositifs partenariaux à l'heure de la réforme des collectivités territoriales

Table ronde sur la complémentarité des dispositifs partenariaux à l’heure de la réforme des collectivités territoriales

publié le samedi 28 janvier 2012

Nos radios sont nées avec les lois de décentralisation, elles ont été les témoins et ont accompagné la structuration des territoires : naissance des pays, des communautés de communes, communautés d’agglomérations ou urbaines.

Nos radios ont organisé leurs projets pour des bassins de vie. Ceux-ci ne coïncident pas forcément avec les découpages administratifs. Ils s’identifient soit à des identités culturelles ou géographiques, soit à des bassins économiques.

Néanmoins c’est en partenariat avec les collectivités locales qu’elles ont pu contractualiser des conventions qui leur ont permis de développer leur projet.

Ainsi certaines radios ont par le biais de leurs fédérations départementale ou régionale mobilisé des financements auprès des conseils généraux ou régionaux, en complément de financements plus locaux.

La réforme des collectivités, disparition des conseils généraux dans leur forme actuelle, fusion entre intercommunalités sous couvert de rationalisation de la dépense publique ne risque-t-elle pas d’apporter un coup fatal à nos structures ?

Invités :
- Conseil Régional Rhône-Alpes : Leïla Bencharif, vice-présidente déléguée à la vie associative, à l’éducation populaire et à la démocratie participative ;
- Membre de la commission du FSER : Hervé Dujardin ;
- Témoin : Gilles PRADO, administrateur de l’ADELS et Formateur sur les questions liées à la Réforme des Collectivités Territoriales.
- Animateur : Franck Jehl, CNRA.


Gilles Prado, directeur de l’ADELS : l’Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale a pour objectif de prendre du pouvoir au niveau local pour interagir sur la vie quotidienne (accompagnement des associations, des collectivités). Au niveau de l’ADELS, on constate un problème de lisibilité et d’égalité entre les territoires concernant ce millefeuille d’agents et d’institutions.

Avec la réforme des collectivités territoriales, l’élu d’un canton siègera à la fois à la région et au département. Par conséquent, les financements en faveur du milieu radiophonique associatif seront plus faibles et complexes, puisque la région et le département, en quelque sorte fusionnés, auront moins de marge de manœuvre. Les périmètres d’action seront de plus en plus grands, et les aides diminueront en conséquence.

Vice-présidente à la région Rhône-Alpes : Leïla Bencharif A souligné qu’elle aussi était inquiète au sein du conseil régional. Il y a une difficulté criante du passage à la réforme territoriale ; on l’imagine mal, on la conçoit mal au sein du Conseil. La politique dans son développement quotidien prend du temps, et empêche une réflexion profonde sur cette réforme d’envergure.

Que fait le Conseil régional, comment travaille-t-il avec les Autres collectivités territoriales ?

Le Conseil régional recevait auparavant des appels à projet, qui lui permettaient d’aider ponctuellement, selon ses moyens, le secteur associatif. La région y a mis un terme, pour éviter la mise en concurrence entre les radios. Il faut désormais une démarche transversale, entre les différentes collectivités, travailler ainsi en bonne intelligence. Et cela pour créer une cohérence d’ensemble entre toutes les politiques. Les partenariats sont eux aussi importants. Pour la vice-présidente nous devons revenir à des subventions de fonctionnement, pour soutenir les projets associatifs dans le temps, qu’ils soient salariés ou bénévoles ce qui compte c’est l’initiative citoyenne, pour l’éducation, et le social. Elle a ensuite assuré que la région voulait mieux accompagner les projets, mieux les porter, les ancrer dans le territoire, avec un meilleur diagnostic.

La Crancra (Rhône-Alpes) est un exemple concret, Farid Boulacel a évoqué les sites collaboratifs élaborés qu’elle a mis en place ainsi que le Contrat d’objectif qui permet de structurer les projets, au-delà de la région (Europe, département…) pour s’appuyer sur d’autres financements. La région quoi qu’il en soit soutient les radios associatives.

Pour le Nord Pas de Calais, Hervé Dujardin : Président de la Franf, a évoqué le travail mené pour une reconnaissance des structures par les élus. La fédération, compte 17 radios associatives, plus 4 non adhérentes, soit 21 radios. Le conseil général du Nord a aidé la fédération (5000 €/an). La région est désormais sollicitée, mais avec la crainte d’un « financement fléché » ce financement sera basé par l’analyse que fait la FSER des différentes radios. La région aide aussi pour des programmes d’intérêt régional. Toutefois les associations ont gardé leur indépendance. Les financements mis en place sont actuellement renouvelé au travers d’une nouvelle convention. C’est compliqué, car il faut expliquer cette démarche citoyenne, ce désir de liberté, un dispositif au service de la libre expression du citoyen. La réforme proche des collectivités territoriales ne permettra plus de financer certains projets ; ces dernières vont être affaiblies et ne pourront plus agir malgré leur bonne volonté. Les radios associatives sont reconnus dans leur utilité pour les territoires ; elles expliquent, elles portent des messages, elles permettent l’expression des citoyens, les mises en relation, pour Hervé Dujardin les aides ne doivent pas disparaître.

Pour la vice-présidente de la région Rhône Alpes effectivement nous n’anticipons pas assez la réforme des collectivités territoriales ; il est de la responsabilité de l’élu de mieux se coordonner pour une meilleure vie citoyenne. Il faut une cohérence, il faut fédérer les autres collectivités. C’est bien l’élu qui est responsable actuellement, il a le devoir de travailler avec les autres collectivités, et cela dans l’intérêt du microcosme local. Moins d’élus, c’est donc moins d’occasions de communiquer avec ces collectivités. En conséquence, le réseau associatif perdra de sa liberté.

Un Intervenant a réclamé plus de dialogue avec la salle, considérant que la plénière était ici caractéristique d’un manque de temps de parole général accordé à l’habitant. Il a ensuite évoqué la nécessité de parler du territoire autrement que seulement par les territoires administratifs.

On lui a répondu que bien que la remarque fasse partie d’une réalité, pour traiter à échelles multiples il faut bien parler en terme de frontières, même si par la suite il y a des initiatives interterritoriales qui peuvent et qui vont être mises en place.

Une radio de bourgogne s’est étonnée de la diversité du traitement des radios en fonction des régions. Il a en conséquence demandé s’il ne fallait pas traiter ce problème au niveau de l’association des régions de France afin de régler ce problème d’inégalité.

La vice-présidente de la région lui a répondu que globalement la représentation des médias et du monde associatif est un vrai problème en France, tant à gauche qu’à droite. Aujourd’hui les élus ont un problème avec la question des territoires. C’est donc aux associations de faire entendre leur voix, d’organiser des débats avec les élus.

Le président de New’s FM a rebondi sur cette question, il estime qu’assez de débats sont organisés et que ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est une augmentation des aides publiques car le monde associatif est de plus en plus sollicité.

La vice-présidente de la région lui a répondu qu’effectivement la région espérait augmenter le budget et passer de 1,4 à 2,4 millions prochainement. Elle reconnait que l’acteur associatif est un acteur économique, social, territorial, mais elle soutient que ce n’est pas l’élu seul qui doit le reconnaitre mais l’ensemble des collectivités locales. Aujourd’hui c’est aux associations de se faire voir comme des entreprises associatives. Les associations ne sont pas assez nombreuses à exprimer auprès des élus l’utilité sociale de leurs actions d’autant plus qu’elle n’est pas mesurable.

Pour Claude Palmer les élus doivent commencer par soutenir les radios associatives avant de leur dire d’agir. A son sens les élus doivent aussi directement traiter avec les associations, plutôt que de transmettre les dossiers à des administratifs qui ne connaissent rien.

Un intervenant a tenu à noter qu’il y a avait encore du travail à faire pour définir ce qu’est un service de radio de proximité. Pour aller dans son sens, le président d’une Radio Campus a évoqué le problème qu’avaient certaines radios qui ne savent pas valoriser leurs dossiers auprès des élus. En Martinique ils ont demandé un stage de formation pour les bénévoles de cette radio. La vice-présidente de la région a clôturé la séance en appelant à plus d’intelligence tout en soulignant que des financements ont aussi été trouvés. Nous sommes aujourd’hui dans une période laboratoire qui peut aboutir à des choses positives.

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